Nous avons testé, c’est bluffant !

Imaginez une plateforme qui génère automatiquement un article de blog prêt à publier… Vous renseignez le titre, les contraintes SEO à respecter, le ton ou niveau de langage souhaité, quelques mots pour amorcer la première phrase et le tour est joué ! En un clic, un texte original de plusieurs centaines de mots, structuré et écrit dans un français correct apparaît. Impossible direz-vous ? Pas tant que ça.

GPT-3 : qu’est-ce que c’est ?

Un modèle de prédiction de langage…

Generative Pre-trained Transformer 3rd generation, mieux connu sous son acronyme GPT-3, est une intelligence artificielle capable de générer du langage qui semble être produit par un humain. Il s’agit de l’IA de génération de langage la plus avancée au monde à l’heure actuelle.

GPT-3 est développé par OpenAI, entreprise de recherche en intelligence artificielle, dont l’un des cofondateurs n’est autre qu’Elon Musk. La technologie s’appuie sur le Big Data et Deep Learning afin de produire du langage. Concrètement, la machine a ingurgité une très grosse quantité de data, à savoir 570GB de données de textes compressés correspondant à l’ensemble des données de CommonCrawl de 2016 à 2019.

D’après Semrush, la meilleure façon de d’appréhender GPT-3 est de le comparer à un rédacteur de niveau professionnel possédant la connaissance de l’ensemble d’internet (rien que ça !).

… pas comme les autres

Ce qui différencie GPT-3 des IA de production de langage qui l’ont précédé, c’est avant tout sa puissance. Sans trop entrer dans la technique, la technologie utilise des paramètres, que l’on peut assimiler à des neurones qui permettent à la machine « d’apprendre ». GPT-3 est doté d’un réseau de 175 milliards de paramètres. A titre de comparaison, sa version précédente, GPT-2, n’en comptait que 1,5 millions. Quand à BERT, le modèle prédictif de Google qui suggère la fin de phrase que vous êtes en train de taper dans sa barre de recherche, en compte 110 millions. Millions, pas milliards !

Ces paramètres permettent à l’IA d’apprendre… par elle même. Cela signifie que GPT-3 est capable de réaliser des tâches pour lesquelles il n’a pas été préalablement entrainé par un humain. Il suffit de lui présenter quelques exemples de la tâche souhaitée, par exemple un utilisateur lui soumet 4 ou 5 traductions de phrases d’une langue vers une autre, puis la machine devient capable de traduire d’autres phrases d’elle-même grâce à sa connaissance des deux langues. Ce qui est fort là dedans, c’est que GPT-3 n’a pas été spécifiquement entrainé à faire de la traduction.

Qui peut l’utiliser ?

Tout le monde ne peut pas avoir accès à l’API de GPT-3. Du moins, pas pour le moment. Afin de continuer à améliorer le modèle et sa sécurité, OpenAI propose aux intéressés de s’inscrire sur une liste d’attente. Parmi les heureux élus sélectionnés, certains ont déjà mis à disposition des applications créées à partir de la version bêta de GPT-3.
OpenAI prévoit toutefois de commercialiser GPT-3 dans les mois à venir. D’ici peu, chacun aura donc la possibilité d’utiliser la technologie pour développer l’application de son choix.

Applications déjà créées avec GPT-3

Pour rendre tout cela un peu plus concret et donner une idée du potentiel (illimité ?) de cette IA, voici une liste non exhaustive d’applications mises à disposition par les développeurs ayant eu accès à l’API de GPT-3.

Production de texte…

De la suggestion de slogans, noms de produits, titres d’articles de blog et méta descriptions, à la rédaction d’un mémoire de fin d’études, en passant par la production de mails professionnels ou offres d’emplois… Les applications se multiplient et promettent de rédiger pour vous en un temps record des textes originaux.

Si cet article est bien écrit par un humain, nous vous en proposons un autre produit, lui, par une de ces applications « magiques ». Pour les curieux, c’est un peu plus bas.

… Et de code

GPT-3 est aussi capable de programmer. Il n’est peut être pas encore prêt à développer des applications complexes, mais est déjà capable de fournir le code d’un layout sur la base d’indications en anglais ou bien d’auto-compléter le code qu’un développer est en train de produire.

Transformation d’un langage en un autre

L’exemple le plus simple est celui de la traduction d’une langue vers une autre. Mais il est également possible de traduire du code d’un langage informatique à un autre ou encore de transformer les titres de vos films préférés en Emojis.

Recherche sémantique

Un moteur de recherche dédié aux cabinets d’avocats pour chercher parmi tous les textes juridiques plus efficacement, un autre qui utilise le sens du texte pour fournir des résultats plutôt que la similarité des mots clés ou, tout simplement, un moteur de réponses qui répond directement à votre question plutôt que de suggérer des contenus à la mode Google.

Chat

Et si un bot devenait votre nouveau meilleur ami ? Une application propose d’interagir avec son IA capable de vous aider à générer des idées, recommander des livres, des films ou encore de prendre le temps d’expliquer la théorie de la relativité d’Einstein et vous donner des conseils d’écriture de Jane Austen. Plus simple, une autre application propose d’interagir avec un bot qui répondra à toutes vos questions, mais avec sarcasme.

Compréhension de texte

Réécrire des textes juridiques en phrases intelligibles par le plus grand nombre, une explication complexe en un contenu accessible à un enfant de 5 ans ou encore expliquer en langage naturel la fonction d’une ligne de code et pourquoi pas même détecter les erreurs qui se sont glissées dans le code de votre page web… GPT-3 « comprend » et vous explique.

GPT-3 signifie t-il la fin des rédacteurs web ?

Demandons son avis à l’intéressé

GPT-3 remplacera l’essentiel de la création de contenu de bas niveau, éliminant des milliers voire des centaines de milliers d’emplois de rédacteurs et producteurs de contenus, conduisant potentiellement à un crash du marché de la création de contenu.

Je ne crois toutefois pas que tous les emplois liés au marketing de contenu vont disparaître. En réalité, je crois qu’il y aura un besoin de personnes spécialisées qui comprennent le rôle du contenu au sein d’une stratégie marketing plus large et avec une capacité à créer, gérer et optimiser le contenu que GPT-3 rédige. Mais ce rôle ne doit pas être confondu avec celui d’une personne qui rédige des textes.

Le texte en italique ci-dessus est une traduction d’extraits de textes produits par GPT-3. Il a en effet démontré sa capacité à écrire aussi bien que des rédacteurs de niveau intermédiaire, mais 500 fois plus rapidement et avec un accès instantané aux connaissances qu’une personne prendrait un temps considérable à réunir pour parvenir à rédiger un article approfondi.

Des rédacteurs humains augmentés

Plutôt que remplacer les rédacteurs, GPT-3 apporte une aide considérable en termes de recueil d’informations et de pré-rédaction de textes.

L’humain indique à la machine un corpus de textes qu’il considère pertinents sur le sujet, le ton souhaité, les mots clés qu’il souhaite voir apparaître et leur récurrence. En quelques secondes, GPT-3 lui fourni une, deux, dix ou vingt versions de textes originaux. Le rédacteur n’a alors plus qu’à sélectionner, agencer, ajouter des transitions, demander à la machine un paragraphe supplémentaire et s’assurer de la cohérence du tout.

En somme, c’est la disparition du syndrome de la page blanche ! Il devient beaucoup plus facile et rapide de produire du texte sans se retourner le cerveau pour savoir si tel ou tel aspect nécessite une recherche, doit être traité, etc. GPT-3 propose, le rédacteur dispose.

Exemple d’article rédigé par GPT-3

Rien de tel qu’un test grandeur nature pour se rendre compte !

Exemple d'utilisation de gpt-3 (intelligence artificielle) pour le SEO et la rédaction de contenu.

Limites de GPT-3 pour la rédaction de textes

Plus c’est court, plus c’est bon

Si GPT-3 est très doué pour produire des textes courts à la chaîne, il semble en revanche avoir une marge de progression importante pour des textes de mille mots ou plus. On peut toutefois se demander si l’utilisation de GPT-3 pour rédiger un texte long, paragraphe par paragraphe, ne permettrait pas de dépasser au moins en partie cette limite.

Des biais malheureusement très humains

Vous souvenez-vous de Tay, une intelligence artificielle créée par Microsoft dédiée à interagir sur les réseaux sociaux ? Mise hors ligne huit heures seulement après son lancement, elle avait eu le temps de publier des propos racistes, négationnistes ou encore misogynes qui ne seront pas répétés ici.

De la même manière, il a été démontré que GPT-3 comporte des biais et peut être amené à produire ce type de contenus. Ce n’est pas que la technologie soit malintentionnée ou ait été « mal entrainée ». Mais comme elle s’appuie sur des données produites par des humains, elle peut être amenée à reproduire les mêmes biais dans son langage.

Quelles utilisations concrète pour mon SEO ?

Globalement, l’utilisation de GPT-3 est pertinente s’il est employé comme un assistant de rédaction qui permet de gagner en productivité pour des contenus de qualité élevée.

Rédiger des textes… oui, mais !

Pour s’assurer de la qualité, il faudra encore la présence d’un humain (ouf !) pour paramétrer convenablement les applications mises à disposition, agencer les différents paragraphes, relire, s’assurer de la cohérence des textes dans leur ensemble et repasser sur les mots clés.

Rédaction en masse de contenus courts

Là où l’utilisation de GPT-3 semble aujourd’hui la plus appropriée est pour la création de textes courts et uniques. Produire en masse des descriptions produits d’une centaine de mots en incluant des mots clés et leur nombre de répétitions par exemple. Ou encore la rédaction automatisée de méta-descriptions, de commentaires de blog ou d’avis clients pour les adeptes du black hat.

Conclusion : tous noyés par le contenu ?!

Utilisation de GPT-3 par les moteurs de recherche

Etant donné que Google a annoncé que près de 100% des recherches américaines utilisent déjà une technologie similaire mais antérieure, on peut facilement spéculer qu’il intégrera un jour GPT-3. Le plus gros impact à prévoir étant l’amélioration de la capacité de Google à produire des résultats de recherche dynamiques, remplaçant de fait les extraits enrichis issus des sites web.

Dur dur de ranker

Alors que le web croule déjà sous une quantité d’information faramineuse – les possibilités offertes par GPT-3 laissent entrevoir un futur digital encore plus dense. D’un point de vue SEO, il sera donc encore plus difficile avec un article, même long et de qualité irréprochable, de remonter dans les résultats de recherche grâce à sa pertinence uniquement.

Attention aux dérives

Plus inquiétant, en facilitant la publication massive et automatisée de contenus (articles, publications sur les réseaux sociaux, avis et autres), on peut imaginer les détournements qui pourraient être faits en termes d’astroturfing (contrefaçon de mouvements d’opinion). A petite échelle : une campagne de diffamation d’un site, d’une marque ou d’une personne. A plus grande échelle, la manipulation de l’opinion publique via des campagnes d’influence d’une ampleur sans précédent.

Mais puisque le risque existait déjà avant GPT-3 et qu’on n’en est pas encore là, autant s’intéresser de près à cette technologie, aux applications qui seront – on l’espère – bientôt disponibles dans la langue de Molière et profiter, avant les autres, de leur potentiel pour aller plus vite, plus fort et plus haut sur Google.