Il s’agit de parler aux machines !

Voici le podcast de Laurent, interrogé par Julien Vigier, lors du Made in 31 2026.

Le podcast de Laurent à l’occasion du Made in 31 2026

La transcription de l’interview

Podcast de Laurent

Julien : Bonjour Laurent.

Laurent : Bonjour !

Julien : Présentez-vous : nom, prénom, et l’entreprise que vous représentez ici au cours du Salon Made in 31.

Laurent : Je suis Laurent Peyrat. Je m’occupe de l’entreprise La Mandrette. On est une agence spécialisée SEO / LLM, c’est-à-dire qu’on s’occupe de la visibilité des sites web de nos clients dans Google, dans ChatGPT, dans Gemini, etc.

Julien : Donc SEO, mais GEO aussi, alors ?

Laurent : Oui, voilà. Il s’agit de parler aux machines. Avant, la machine, c’était Google, qui était en situation de monopole. Maintenant, les gens, en particulier les professionnels, posent leurs questions à d’autres outils. Il s’agit, pour les marques, d’être présentes là où les gens les cherchent.

Julien : Justement, ça a l’air d’être une grande nébuleuse, cette histoire. Pour le SEO, pour être référencé sur Internet, il y avait plus ou moins une sorte de guide que Google nous donnait ou nous laissait deviner. En revanche, pour être référencé ou ressortir sur les LLM, ChatGPT, Claude, etc., on ne sait pas trop comment ça marche.

Laurent : Déjà, l’histoire du guide sur Google, c’est évidemment indispensable à connaître. Ce n’est quand même pas suffisant. C’est comme si tu me disais : jouer au foot, ce n’est pas trop difficile, il y a des guides, on va commencer. D’accord. Maintenant, pour être premier du championnat, il faut peut-être un petit plus.

Julien : C’est vrai.

Laurent : C’est quand même ça qu’on vise. Concernant le GEO, la problématique, c’est un peu la même. Sur les recherches, les IA vont taper dans Google, tout simplement. Donc, déjà, il faut être visible dans Google pour que les IA nous citent.

Julien : Et apparemment, elles vont taper aussi sur Instagram, sur…

Laurent : Oui, un peu aussi. On a besoin de beaucoup de présence. Là où je trouve qu’on a de la chance, c’est que la qualité de l’information demandée par les LLM, pour qu’elle soit suffisamment valable pour être affichée…

Julien : Digne de confiance, quoi.

Laurent : Digne de confiance. Les critères de qualité sont les mêmes, même si les fonctionnements sont radicalement différents entre un moteur de recherche et une intelligence artificielle. Évidemment, c’est le début, on ne sait pas où ça va. Nous, on décide quand même de rester vraiment sur des fondamentaux. On ne va pas faire des actions spécifiques pour s’apercevoir que les règles vont changer dans six mois, dans un an, et que de toute façon elles vont changer, pour que ce soit inutile. Donc on reste sur des fondamentaux. Jusque-là, on a des résultats sympas.

Julien : Votre entreprise a quel âge ?

Laurent : Elle a dix ans.

Julien : Elle a dix ans, comme le festival, finalement , comme ce salon. C’est quoi votre meilleur souvenir en dix ans d’entrepreneuriat ?

Laurent : Tu aurais pu me le dire, j’aurais préparé ce truc, parce que là, à chaud…

Julien : Votre meilleur souvenir business depuis ces dix dernières années ? Peut-être la fierté d’avoir signé avec un client en particulier ?

Laurent : Non, ce ne sont pas les signatures. Nous, dans l’entreprise, on est fans de la qualité, on a tous le syndrome de l’imposteur. Si je dois chercher une fierté, c’est les clients, avec des projets sur lesquels il y a un vrai challenge pour nous, qui reviennent. Ça fait plaisir, parce que là, on sait qu’on est jugés sur ce qu’on a produit, sur ce qui a obtenu des résultats, sur ce qui les a convaincus. Vendre, on y arrive. On peut toujours vendre.

Julien : Oui, mais la fidélisation, c’est autre chose.

Laurent : Il faut faire ses preuves. Je trouve que c’est difficile. À chaque fois qu’on a eu de beaux projets, on s’est dit : qu’est-ce qui va se passer ? Ils reviennent, et après, ils en prennent pour un an, deux ans, trois ans. On a des clients depuis très longtemps. Ça nous rend fiers.

Julien : Made in 31, c’est le nom du salon. Si on ferme les yeux et qu’on se dit : le Made in 31, c’est… trois petits points.

Laurent : Je ne sais pas, c’est la première fois que je viens. Il faut que je digère un peu toute cette après-midi.

Julien : Même au-delà du salon, je veux dire : le Made in 31, si vous deviez en parler un peu autour de vous, vous diriez que l’entrepreneuriat Made in 31, ou l’artisanat, l’industrie Made in 31, comment sont-ils ? Qu’est-ce qui les caractérise, en réalité ?

Laurent : Il y a tellement de secteurs différents. C’est sûr que le département est boosté par toute l’aéro, tout ce qui tourne autour. Il est aussi boosté par une vie étudiante vraiment chouette à vivre. Donc, entreprendre là-dedans, c’est quand même rencontrer des gens déjà intéressants, des gens qui ont envie de faire des choses. Je ne sais pas trop comment le dire. Il y a le soleil en plus, aujourd’hui.

Julien : À un jeune entrepreneur, vous lui mettriez quoi comme conseil en premier ? Le truc à ne pas louper, vraiment. L’étape à ne pas rater ?

Laurent : L’étape à ne pas rater, c’est de comprendre le client. C’est de piger son état d’esprit, ce qu’il a dans la tête, ce qu’il veut. Si on sait répondre à ça, on arrive à vendre, on arrive à fidéliser, on arrive à faire plein de choses. Pour moi, l’entrepreneuriat, c’est : à qui je m’adresse ? Et ces gens-là, est-ce que moi, j’arrive à les toucher mieux que la concurrence, sur cette part de marché-là ?

Julien : J’aimerais savoir un peu aussi ce que vous pensez de l’avenir, dans les dix prochaines années, de ce salon, par exemple. Est-ce que dans dix ans, quand on sera ici même, dans ce salon, on n’aura que des boîtes d’intelligence artificielle, que des robots ? Non, je plaisante, mais qu’est-ce qu’on aura en réalité ? Difficile d’imaginer, mais…

Laurent : Je vais te donner l’analogie que je trouve intéressante. C’est le jeu vidéo, le gaming. Dans les jeux vidéo, on peut jouer contre des machines. Aux échecs, on peut jouer contre des ordis. On s’ennuie. Ce qu’on aime, c’est avec les gens. Tous les jeux vidéo qui ont du succès, c’est des joueurs qui vont jouer contre d’autres joueurs. Plus tous les métiers vont aller vers de l’automatisation, vers l’IA (et l’IA, c’est la révolution, c’est sensationnel), plus on va avoir besoin de se parler. Donc, si ça continue comme ça, dans dix ans, ce sera multiplié par dix.

Julien : Si je retiens, Laurent, ce que tu nous dis, c’est qu’il y aura besoin d’humains, malgré tout, et surtout, à un moment donné, de relations.

Laurent : Sinon, on va s’embêter. C’est indispensable. Après, si c’est pour dire que l’IA, c’est du gain de productivité, donc que le gain de productivité, c’est un danger sur l’emploi, c’est la tarte à la crème. On le sait, il va falloir s’adapter, comme d’autres parties de l’activité se sont adaptées face à la mécanisation ou des choses comme ça.

Les agriculteurs, je crois, je vais dire une bêtise, j’espère que quelqu’un me corrigera, le gain de productivité depuis l’après-guerre, c’est 1 à 50. Là où il fallait 50 bonhommes, il en faut un.

Julien : C’est chaud, quand même.

Laurent : C’est colossal. On va vers des choses comme ça, on va s’adapter comme on s’est toujours adaptés. Ce que je trouve intéressant dans la mécanisation, peut-être que je suis un peu idéaliste, c’est que ça a débarrassé quand même des tâches particulièrement désagréables. Dans les métiers intellectuels, quand on parlait des bullshit jobs, c’était exactement ça : des tâches débiles, il fallait bien que quelqu’un les fasse. Si l’IA les fait, on peut espérer quand même qu’il va y avoir un scénario positif où les énergies vont aller sur des choses plus valorisantes, plus intéressantes, plus rigolotes.

Julien : Juste pour terminer, dans ce que je dois utiliser comme nouveaux outils, et principalement les nouveaux outils d’intelligence artificielle, qu’est-ce que je dois utiliser en priorité ? Comment je dois l’utiliser ? Qu’est-ce qui ne sert à rien ? Qu’est-ce qui est vraiment intéressant ?

Laurent : Tu me demandes de donner un conseil sur le truc qui vient de débarquer ? Je vais t’en donner un quand même : reste sur l’outil que tu maîtrises. Il y a des modes tous les trois mois. Claude devient génial, après Codex sort, après il sort ça, après il sort ça. Si tu es journaliste IA, tu peux tout faire, tout dire, etc. Si tu es dans le boulot, c’est compliqué de changer à chaque fois. Si tu as un outil que tu arrives à maîtriser, c’est-à-dire que si tu fais ce que tu veux avec, garde-le. Résiste à la mode pendant trois mois, qui dit que ton outil est ringard. S’il reste ringard au bout d’un moment, tu changeras. Mais il y a toutes les chances, en tout cas aujourd’hui, qu’ils nous sortent la nouvelle version. Du coup, il va revenir à la mode pendant trois mois, tu seras au top. Le seul conseil, c’est vraiment : oublions la mode. Ça me sert à faire quoi ? Ça m’aide ? Ça me facilite la vie ? OK, je garde et j’y vais.

Julien : On rappelle le nom de l’entreprise, le nom du service que vous proposez.

Laurent : C’est La Mandrette, l’agence SEO à Toulouse.

Julien : J’espère que si on tape “meilleure agence SEO à Toulouse”, vous êtes au minimum dans les trois premiers.

Laurent : On est premiers sur “agence SEO Toulouse”. Pourtant, les copains bossent, mais on a du pot. Ça fait quelques années qu’on est toujours sur cette requête-là. Ça change tout le temps, mais en tout cas, il y a deux ou trois jours, on y était.

Julien : Job is done. Merci beaucoup.

Laurent : Merci à toi !